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roman - Page 5

  • La rivière chapitre 11

    Ch. 11 : la réalité plus forte que le rêve

     

     

    Résumé : Sauvé des eaux, un chasseur  raconte qu'il doit son salut à quatre chevaux surgis de la rivière. On ne le croit qu'à demi. Il veut  prouver qu'il n'a pas rêvé.

     

    Victor accepte de venir avec moi dès cet après midi, en 4x4. On remonte la rivière rive droite jusqu'à la forêt, on emprunte un layon et enfin à pied dans un petit chemin on parvient dans les hauteurs de la forêt. Je reconnais mon petit bois de boulot, le promontoire en pins ou j'ai bivouaqué. Je contourne de suite les buissons d'aubépines. Les selles sont là toutes les quatre biens alignés. Je montre à Victor l'endroit où j'ai dormi, les cendres du feu, et surtout les traces des sabots de mes chevaux. Victor a sorti son numérique et photographie tout. On regagne mon petit chemin et la clairière. Victor prend de nouveau en photo les traces de sabots sous le noyer et surtout l'empreinte des bottes. Sur la carte que j'ai gardée Victor m'explique que sur le chemin emprunté par mes fugitifs, il n'y a aucun carrefour avant plusieurs kilomètres. Il connaît le coin, inutile de marcher, autant retourner au 4x4 et  contourner la forêt. Un quart d'heure plus tard, nous voici à l'autre bout de notre chemin. L'inondation a couché les herbes ici aussi mais la chaussée est empierré. Pas de traces de sabots ; seul un joli crottin pour rappeler que les chevaux sont bien passés par là. Consciencieusement Victor le photographie. Il se prend pour Doisneau filmant les moineaux de Paris sur les crottins de la butte. Deux routes vicinales dans ce carrefour, on prend à droite, on verra bien. On scrute la chaussée, pas un crottin sur deux kilomètres. On fait demi-tour puis on emprunte le chemin de gauche. C'est par ici ! Comme le petit poucet mon quatuor a marqué son passage. Victor ralentit puis arrête le 4x4 .On est à la limite de l'inondation.

    «  Passe-moi la carte, avant d'aller plus loin il faut réfléchir. Tu m'as parlé du rallye de la duchesse. Eh bien le lieu dit « la duchesse » on y arrive ! C'est un vieux moulin, juste après le plateau, en bas dans la vallée. Vu la carte de visite du lieutenant de cavalerie, l'équipe ne devait pas être du pays. S'ils sont encore en vie, ce ne sont pas eux qui sont venus chercher les chevaux dans ce coin perdu ».

    -«Victor, tu sais que ce qui compte pour moi c'est de prouver l'existence de ces chevaux et faire taire les moqueurs qui me prennent pour un illuminé ».

    Le 4x4 redémarre doucement, on traverse le plateau. Dans un virage au début de la descente sur la gauche une vielle grange isolée attire l'attention de Victor. Il coupe le moteur et descend. Il prend son gros gourdin de maquignon, on ne sait jamais ! Je le suis avec ma baguette de coudrier. La porte de la grange s'ouvre en grinçant et en libérant dans le soleil un paquet de poussière et de vieux foin. La grange est vide. La porte se referme avec le même grincement et le même nuage de poussière. Victor m'entraîne vers l'arrière. Il y a là une autre grange plus petite. Elle est vide elle aussi mais sent le cheval.

    -« Je crois qu'on brûle, me dit Victor, ça sent le crottin. Tes chevaux ont séjourné ici. Ton bonhomme les a descendus dans la vallée pour les rendre aux propriétaires ou les a cachés dans une prairie isolée. Cà pourrait bien être dans le Hautbois. Si tu veux, on peut aller jeter un œil .Ce n'est pas loin. »

    Et nous voila parti. . Le chemin quitte le plateau et s'encaisse en descendant. Bientôt ce sont les bois. L'ombre s'épaissit. Je ne suis pas trop rassuré et me demande dans quel coin perdu Victor m'emmène. On descend toujours. On arrive à la limite de l'inondation.

    -« Là-bas, plus bas, les bois ont été inondés, me dit Victor à voix basse, mais pas le Hautbois qui n'est pas loin là juste derrière ces buissons d'aubépines.»

     Victor a vu juste. C'est le choc ! Ils sont là tous les quatre éblouissants de blancheur dans le soleil. Ils lèvent tous ensemble leurs têtes comme à la parade et nous regardent oreilles dressées comme s'ils nous attendaient. Ils se laissent approcher et caresser. Victor les mitraille. Mes tripes se nouent en me rappelant l'aventure vécue ensemble.

    -« je te propose de les laisser là pour l'instant » dit Victor «  leurs propriétaires se sont peut être noyés. Le bonhomme qui les a amenés ici n'a pas forcément de mauvaises intentions. Allons à la « duchesse », on en saura  plus ».

    Note de  Louis Frenand  Olbec : Suite Samedi prochain.

    Ne manquez pas de lire la note  sur la rentrée des classes le mercredi 2 Septembre 2009.