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roman - Page 6

  • La rivière chapitre 10

    Ch. 10 : quand la presse s'en mêle

    Résumé : Passé pour  noyé  par la crue soudaine d'une rivière, un chasseur  revient  dans  son village.

    La télé nationale s'est déplacée et s'invite à la fête. Elle remonte la grande rue après avoir filmé les gens d'en bas en train de nettoyer la boue. Le rescapé l'intéresse. Ils veulent tout savoir et surtout insistent pour que je raconte comment j'ai du mon salut à 4 chevaux blancs surgis de la rivière. J'en dis le moins possible, simplement que, réfugié sur un chêne, j'ai vu  les 4 chevaux blancs nager vers moi, que J'ai sauté sur le plus gros qui m'a emmené dans un coin de forêt surélevé au-delà de la rivière. Ils filment ma maison, ma femme, mes enfants. Le journal régional veut lui aussi une interview. Il devra se contenter de ma photo, chemise de chasse comprise. Mon épouse remercie les gens et m'emmène. Jamais douche ne fût si bonne. C'est à l'info de 13 heures que les choses se sont corsées. Le présentateur donne la parole à un enquêteur spécialiste qui explique ce qui est arrivé .C'est en fait  la crue qui  a fait sauter un barrage. Pas un de ceux que j'avais vu sur ma carte. .Le barrage en question est à peine terminé. Il sert à régulariser le débit de la rivière et alimenter la ville  en eau de surface.

     Il est situé pas très loin en amont mais inconnu encore ici car il se trouve dans un autre département et même une autre région administrative. La digue a donné des signes inquiétants tard dans la soirée. Le village juste en dessous a été évacué de suite mais l'eau passe plus vite d'une région à une autre que les informations administratives. L'ordre d'évacuer n'a précédé que de quelques heures la crue brutale de la rivière. Il a fallu faire vraiment vite et c'est miracle qu'il n'y ait pas eu de mort. Le présentateur donne alors la parole au journaliste qui a couvert l'inondation du village. Il se contente de commenter les images du sinistre et l'activité des gens en train de nettoyer les maisons  et les trottoirs. Il interviewe ensuite le maire sur les conséquences du sinistre. Et très vite  la caméra se déplace en haut du village et filme la maison du « rescapé ». Avec un œil malicieux, il parle même du «  miraculé » de la rivière accueilli triomphalement dans le village. Gros plan sur moi pour m'entendre raconter comment quatre chevaux blancs m'ont tiré d'affaire. Jusque là rien à dire. Ce qui suit par contre va me mettre hors de moi. Mes quatre chevaux blancs deviennent des tritons tirant le char de Neptune et même un quadrille surfant et dansant sur la rivière en crue. Mes quatre chevaux arrachent du fond des eaux un quadrige qui m'emmène en forêt haute. Mon attelage devient un Drakkar à crinière et j'en passe. Heureusement que mon journaliste ne connait pas  Virgile  sinon j'avais droit à  Protée devin de Neptune...  « Sur un char attelé d'êtres  à deux pieds, à la fois poissons et chevaux »(1)

    « Ce qui est très ennuyeux dans cette affaire, ajoute le journaliste, c'est que le rescapé est seul à avoir vu ces chevaux blancs qui se sont volatilisés aussi  mystérieusement qu'ils ont jailli du fond des flots. »

     Non seulement ce journaliste met en doute ce que je lui ai dit mais « il se fout de moi ». Je suis vexé, bien décidé à apporter des preuves de ce qui m'est arrivé et faire taire les moqueries.

    les géorgiques