26.12.2009
AGIR

Faire, se construire, contempler : Voila en raccourci une démarche humaine proposée par Maurice Blondel (1) .Je l'ai vue à l'oeuvre dans un beau documentaire de Marine Place : « les choix de Valentin ».
- Agir. Nous sommes à Calais, après la fermeture du camp de Sangatte, des centaines de réfugiés afghans ,érythréens, kurdes errent dans ce qu’ils appellent la Jungle .Terrains vagues ou poussent des épines noires et des argousiers épineux.Valentin 18 ans, bouleversé par le sort fait à des jeunes réfugiés qui ont son âge se met à l’action avec les" humanitaires" pour leur venir en aide.
-Se faire , se construire. En faisant cette action, Valentin se construit. Cette activité le fait entrer dans la « lumière d’une action volontaire »(1). Toute sa vie en est transformée. Il trouve parallèlement le courage et la volonté de travailler au lycée, de passer son bac, d’assumer les taches familiales tout en accompagnant sa mère dans sa maladie jusqu’à son départ .
-Contempler : Le miracle de l’image et le débat qui a suivi les diverses projections du documentaire, nous a introduit en spectateur dans la réflexion de Valentin, sa recherche des causes ,ses questions sur l’incompréhension face à l’acharnement du pouvoir, son désir de faire bouger les choses dans les politiques migratoires au niveau national et international.
Dans la maturité d’un homme qui se construit sous nos yeux, je reconnais ce que Maurice Blondel appelait d’un seul mot : l’action…. « L’action qui fait croitre la lumière dans le monde »(1)
Le documentaire de Marine Place a suscité peut être des vocations chez d’autres jeunes mais aussi valorisé l’action des anciens auprès des migrants. Cette réflexion sur la richesse de l’action les encourage à ne pas mollir alors que l’hiver est là..
« Ce n’est pas en effet en ménageant nos forces que nous les entretenons le mieux », dit Blondel. »A mesure que l’activité volontaire pénètre les puissances du corps, elle en reçoit davantage. Fausse tactique donc que de céder à la mollesse, de s’écouter, de se dorloter. C’est en usant de notre énergie que nous la réparons et l’amplifions. . La meilleure hygiène est l’action qui rénove un principe de rajeunissement, de santé, de vigueur. »(1)
« Les bénévoles » ont beaucoup de chance, l’action leur donne un bain de jouvence, la lumière d’une action volontaire et même la santé, nous dit Maurice Blondel.(tout cela ouvert à ceux qui sont sur le terrain)
Reste comme une cerise sur le gâteau, la joie promise à ceux qui vivent les béatitudes. (2) Un bénévole triste serait un triste bénévole ? Oui, s’il agit pour se faire voir (3) ou se donner bonne conscience(4) Mais je n’ai pas rencontré beaucoup de bénévoles tristes sinon de cette tristesse là qui vient de ce qu’on ne réussit pas à soulager toutes les souffrances .Mais, "On peut suivre le bon chemin en boitant"(5).Reste aussi la contemplation : L'admiration devant ceux qui ne baissent pas les bras mais aussi devant ces jeunes hommes réfugiés, leur capacité à sourire dans l’adversité, leur dynamisme et leur audace dans leur action de migrer.Bonne fête de Noël à tous.Fête d'un Dieu qui ne se contente pas de parler ,mais descend sur le terrain au milieu des hommes , nait au milieu des exclus et s'engage avec eux.
![réfugiés loonDSCN0304[1].jpg](http://lafaceclairedelanuit.hautetfort.com/media/00/01/269295450.jpg)
(1) Action de Maurice Blondel édité en 1893 : Ci-dessous quelques citations pour éclairer la qualité de son regard sur la personne humaine :
La personne est un être inachevé tendu vers un devoir être ….Elle est faite pour se dépasser…. Un élan infini l’emporte toujours en quête de perfection…… La personne ne surgit de l’individu qu’en s’assignant une fin extra-personnelle…… l’homme ne se suffit pas à lui même, il faut qu’il agisse pour les autres et par les autres…c’est la voie d’un humanisme plénier.
(2) « il y a plus de joie à donner qu’à recevoir » actes ch. 20 /35
(3) « Quand tu fais le bien, que ta main gauche ignore ce que fais ta main droite » Matthieu ch.6/3
(4) « Ce n’est pas ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur qui, entreront dans le royaume mais ceux qui font la volonté de mon père »Matthieu ch.7/21 (5) St Augustin
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19.12.2009
sortir de l'ombre

-Ecoute la vie frémir pour se sortir de l’ombre.(1)
Ils seraient bien restés tous les deux dans l’ombre en longeant les murs, mais ils sont venus quand même. C’est pour la famille, les
enfants surtout. Alors, gênés, ils se sont avancés dans la lumière pour prendre leur colis. De l’autre coté de la table, servant comme bénévole, un copain avec qui ils avaient travaillé un an plus tôt et qui, ayant pris sa retraite, s’est engagé au resto du cœur. Jusque là, ils cachaient leur misère, la voici en pleine lumière. Alors ils baissent les yeux et regardent leurs pieds. Le copain bénévole est tout retourné. Il avait essayé, il y a un an d’empêcher le licenciement ou du moins d’obtenir pour les licenciés de quoi s’en sortir. Mais ils avaient signé trop vite pour une misère.
Ce soir, dans le noir, entends le monde qui gronde, vois ceux qui cherchent à s’en sortir. Qui sortent de l’ombre pour survivre.(1)
-Ecoute la vie frémir du coté de Copenhague quand les pays pauvres de la planète réclament l’aide nécessaire pour ne plus polluer et protéger leur forêts.
Quand se fait forte la pression des organisations de défense de la planète pour qu’on ne se contente pas de déclarations vagues, mais que l’on se sorte de l’impasse du réchauffement climatique avec des propositions chiffrées.
Dans la noire inquiétude du monde, dans ce monde qui gronde, vois et entends la vie frémir pour se sortir de l’ombre (1)et ouvrir un avenir aux hommes, en espérant que les enfants seront plus malins que leur pères pour trouver la lumière et nous sortir de l’ombre .
Ecoute la vie frémir quand les veuves des hommes morts de l’amiante manifestent en craignant la suppression des juges d’instruction ; Car cela mettrait sans doute fin aux procès entamés contre les employeurs de leurs défunts maris. Ecoute la vie frémir, écoute et vois ces femmes quand elles sortent de l’ombre pour se faire entendre et réclamer justice. Comme la veuve dont nous parle Luc qui réclame justice à un juge qui se moque de tout mais finit par l’écouter pour avoir la paix.(Luc ch. 18 /2à5)
Ecoute la vie frémir quand les copains du mrap en plus de la soupe et du pain,se fendent d'un billet de 50 pour installer une balladeuse dans les tentes que la commune a installé et sortir de la nuit les 30 ou 40 jeunes afgans qui grelottaient dans la" jungle". De cette nuit d'attente ,la lumiére se léve. De cette lumiére sortie de la nuit,la liberté accouche .
Ce soir, dans le noir, entends le monde qui gronde
Ecoute la vie frémir pour se sortir de l’ombre. (1)
(1)Ecoute la vie frémir, titre de la méditation de la mission ouvrière à l’occasion de Noël.2009 . Voir ci-dessous quelques extraits :
Ce soir, dans le noir, entends le monde qui gronde
Écoute la vie frémir pour se sortir de l’ombre
L’indignation ta fait entrer en résistance
Car au fond de toi est ancrée l’espérance
De l’enfant cette nuit jaillit notre lumière
De cette nuit de veille notre attente éclate
De cette nuit d’attente la lumière se lève
De cette lumière sortie de la nuit, la liberté accouche !
« Ce poème est né d’un germe obscur ; éclairé par la vie, il devient lumineux… qu’il produise des fruits de lumière » René Daumal « poésie noire et blanche » Gallimard.
Ami lecteur,au secours! Ils sont 12 à dormir dans une caravane pourrie qui croule sous la neige,ce sont mes voisins .Ils viennent de Bucarest et font la manche au carrefour. Si vous connaissez des gens qui veulent se débarasser de leur vieille caravane dont ils n'auraient plus l'usage,je suis preneur." Ecoutez la vie frémir pour se sortit de l'ombre" Réagissez suir mon blog en donnant vos références,je vous contacterais. Merci!
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12.12.2009
Humanité
HUMANITE
Panthéon ou pas ? Voici Albert Camus au premier plan de l’actualité 50ans après l’accident de voiture qui lui a couté la vie. Un cyprès centenaire, le chant des cigales et « les collines provençales alentour où l’homme peut se délivrer de lui-même avec douceur».Le cimetière de Lourmarin semble convenir au chantre de l’Algérie natale baignée de soleil.
Albert Camus n’a pas refusé jadis un prix Nobel de littérature, et n’est plus en mesure aujourd’hui de refuser l’honneur d’entrer au Panthéon. Laissons à ses enfants le soin d’en décider. Panthéon ou pas, un cinquantenaire se commémore. L’occasion de nous laisser éclairer par la grande liberté d’un homme qui seul contre toute l’intelligentsia de son époque a donné à « l’homme révolté » la force de dire non à l’oppression même si elle trouvait sa source dans la passion révolutionnaire ,même si elle était aux yeux des bourreaux du « bon coté et dans le sens de l’histoire ». Dans sa lecture du « premier homme », Alain Finkielkraut (1) écrit : «L’homme accède à la dimension politique de l’existence en se redressant..il marchait courbé et soudain il se tient droit. Au commencement est le soulèvement, l’ouverture à l’humanité nait de cette sécession. Mais pour assurer la victoire de l’esclave insurgé, la passion révolutionnaire a constitué le crime en moyen d’action légitime .Au nom de la révolte, la Terreur s’est installée. Staline bien après St Just et en même temps que Mao a mis Spartacus en camp de concentration. » Cette analyse fait de Camus un révolté « non-aligné »(2), Un « révolté de la mesure » animé par un immense respect de " l’humanité" ,une réalité sacrée en chaque homme." La France est fille de sa liberté"disait Michelet , en ce sens on peut dire que Camus fut un français " libre " comme le lui avait aprris son instituteur monsieur Germain et tel qu'il l'a montré dans la résistance au nazisme à Combat. Alors, il est, je crois, légitime de se demander contre quoi il se révolterait aujourd’hui., et quelle "démesure" dans la révolte, il refuserait . Les sujets ne manqueraient pas : la chasse aux voix des xénophobes et des sécuritaires frileux sur le dos des réfugiés d’Afrique et d’ailleurs dont on pourrit la vie, l’âpreté au gain des banquiers et des traders qui spéculent, se refilent des créances douteuses et ne tiennent pas parole(4), les crimes contre l’humanité au Darfour , le terrorisme sous toutes ses formes . Un homme ça s’empêche ,disait Cormery. (2)On ne tue pas des innocents!.
Et pourquoi ça s’empêche ? Pour rien, c’est comme ça ! Un homme ne fait pas n’importe quoi, ça s’empêche sinon ce n’est pas un homme. Ça ne se fait pas, c’est tout. Le père d’Albert n’est pas homme à faire des discours « L’homme qui se révolte doit être aussi celui qui se résiste : « Moi, Je suis pauvre, je sors de l’orphelinat, mais je m’empêche ». Lucien Camus alias Cormery pourrait « se trouver des excuses et s’exonérer de la norme morale, il ne le fait pas, il s’empêche ».
« L’humanité dans l’homme doit être sacrée, l’homme ne doit jamais être un moyen mais une fin ». Kant parlait d' impératif catégorique. Cormery est aussi catégorique . Il n’a pas été beaucoup à l’école mais suffisamment pour dire comme Socrate que l’homme peut apprendre à connaitre le mal et donc est capable de s’empêcher de le commettre. Faire preuve d’humanité ,résister à l'inhumain, serait il le propre de l’homme ? .
Lactance, humaniste latin, converti au christianisme au 3 éme siècle, disait de cette humanité qu’elle était « le lien suprême des hommes entr’eux .... Si nous voulons être appelés des hommes, il nous faut faire preuve d’’humanité ; ce qui n’est pas autre chose que d’aimer l’homme parce qu’il est homme et la même chose que nous. » « Les bêtes sauvages carnivores ne peuvent se nourrir que de proies et de sang .Même poussées par une faim extrême, elles, n’en épargnent pas moins les animaux de leurs espèces (3)(les loups ne se mangent pas entr’eux) . Combien plus l’homme se doit il d’épargner l’homme son semblable et l’aimer ».. ». Un homme ça s’empêche. « Si ta main ou ton pied entraîne ta chute, coupe les et jette les loin de toi…Si ton œil entraine ta chute, arrache le et jette le loin de toi.(5) Voila un discours radical et catégorique, une invitation à résister, à s’empêcher, à refuser tout discours sur une fin qui justifierait les moyens. « Camus n’a hérité de rien sinon de cette phrase lapidaire de son pére Lucien Camus ,alias Cormery : « Un homme ça s’empêche » (1)
.
(1) Un cœur intelligent d’Alain Finkielkraut chez Stock page 105 à 138
(2) allusion aux pays non alignés du temps de la guerre froide
(2)Expression lapidaire qui résume toute la pensée de Camus. Elle se trouve au centre du « premier homme ». Monsieur Cormery tient le rôle de Lucien Camus père d’Albert dans ce roman « autobiographique » dont le manuscrit se trouvait dans la Facel Vega qui s’est écrasée contre un arbre à Villeblevin le 4 Janvier 1960.
(3) inst div et Pitomé 34. Lactance
(4) Chez un grand oncle, il y avait sur le palier d’un escalier poussiéreux, une lithographie encadré de bois sombre qui représentait deux hommes d’affaires en confidences. Une légende faisait dire au plus âgé, avocat sans doute, portant redingote et rouflaquette : « Rassurez vous, il n’a que ma parole». Même un homme d'affaire , ça devrait s'empécher !.
(5)Matthieu ch.18/9:Jésus parle ainsi à celui qui serait tenté de scandaliser un petit. Voila bien une façon radicale de "s'empécher".
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05.12.2009
angoisse
l’angoisse

« On a les boules » ! disent les jeunes en montrant leur gorge. De fait, c’est au niveau de l’estomac que les choses se nouent le plus souvent. Ca nous prend parfois quand on s’arrête ou quand quelque chose nous arrête dans notre élan : Une maladie qui nous cloue au lit, une retraite qui vide soudain l’agenda, un licenciement qui nous coupe du milieu de travail, une période de chômage qui se prolonge, une séparation qui nous plonge dans la solitude et voila la rongeuse qui vous taraude l’estomac avec des questions sans réponse : Qu’est ce que je fais sur terre ? Qu’ai-je fait de ma vie ? Et voila une espèce d’angoisse « métaphysique » qui nous saisit avec une prise de conscience aigue de notre « être au monde » (le fameux « dasein » de Heidegger) (1).
Pour échapper à cette tenaille, certains se mettent, dés qu’ils le peuvent, à courir, à se dévouer corps et âme à quelque tâche humanitaire ou comme certains calvinistes, angoissés par leur salut, à s’abrutir au travail. D’autres se dispersent dans les plaisirs de la vie, c’est le fameux « divertissement » de Pascal, ils s’enivrent de « vins fins, de parfums ou de vertu » comme le conseillait Baudelaire. D’autres enfin trouvent leur bonheur en marchant sur la route de Compostelle ou dans quelque club de randonneurs ou de cyclistes, ils communient à la nature .La sérénité leur remonte par les pieds jusqu’au cœur .Ils s’éclatent comme ils disent, ils idolâtrent « le feu, le vent, la brise légère, la ronde des étoiles, la violence des flots, les luminaires du ciel. »(2)
Pour consoler les angoissés certains leur disent « c’est rien ! Ça va se passer » et pour que cessent leurs gémissements, ils disent « allons, c’est tout ! ». Il faudrait savoir si c’est rien ou si c’est tout ! En fait, c’est n’importe quoi car L’angoisse ne se console pas, elle exprime une question fondamentale, propre de l’homme et de sa conscience « d’être au monde »(1).
Pourquoi ne pas chercher une bonne fois à y répondre ?
Qu’est ce que je fais sur cette terre ? Pourquoi je suis vivant ? Pourquoi il y a un monde plutôt que rien ? Où est partie grand mère qui a fermé les yeux ? Pourquoi elle est partie ? Ce sont déjà les questions de l’enfant de 5 ans, ses pourquoi incessants dont les papas se défaussent souvent en disant : « va demander à ta mère ».
Essayer d’y répondre est une démarche humaine. Les animaux ont souvent peur. On met des œillères au cheval pour qu’il ne soit pas effrayé par quelque mouvement intempestif et ne fasse un écart brutal. Mais il ne semble pas qu’il soit sensible à l’angoisse et surement pas à l’angoisse « métaphysique ». L’angoisse serait donc le propre de l’homme et de sa conscience « d’être au monde ». (1)
Une autre solution, celle que proposent les « cyniques » : choisir de mener une vie animale, une vie de chiens comme Diogène dans son tonneau. Antisthène maitre des cyniques « enseignait que les seules communautés valables était celle des chiens », qui trouvent leur nourriture dans les poubelles, savent mendier et ne se gênent jamais ; celle du troupeau vivant en toute liberté, satisfaisant ses besoins de manière simple jusqu’à l’indécence, comme Cartés et Hipparchie qui copulaient sous les portiques. L’homme idéal sans questions angoissantes serait celui qui se rend indépendant des circonstances qui entourent la vie. (3)Autrement dit de l’homme qui s’en fout de tout et ne s’embarrasse de rien.
Mais, Il est trop de malheureux aujourd’hui qui sont contraints de mener une « vie de chiens » et l’angoisse ne quitte pas la « jungle à Calais »n’en déplaise à Diogène et à Besson. Trop de réfugiés et de sans droits, trop de sdf que l’on déloge du tuyau ou sous le pont où ils se sont abrités. Vivre dans un tonneau à Rome ou Naples, y vivre volontairement comme un défi à « la bonne société » n’est sans doute pas pareil que dans un tuyau sur la côte d’opale. Et puis, peut-on renoncer à être homme pour éviter le « solipsisme existential(4) » ?
L’étonnant c’est que certains, on ne sait comment, trouvent la réponse à leurs questions et la paix intérieure. Ils découvrent Dieu comme quelqu’un qui est là.
Roger Auque un des deux otages célèbres restés près de deux ans prisonniers dans les geôles à Beyrouth, durant la longue guerre civile raconte : « « Moi qui ne savait rien de Dieu, dés le premier jour, je me suis retrouvé à genoux sans savoir prier ». « Un jour, un de mes ravisseurs m’a apporté une bible de poche. Elle est devenue mon livre de prière. Pour moi maintenant Dieu, c’est quelqu’un qui est là ». Il arrive ainsi à certains de se retrouver face à des « cieux qui se déchirent »(5), un rideau qui se lève, Quelqu’un qui leur parle. Depuis Abraham, combien de témoins nous racontent cette rencontre ! Cela les combles, disent ils, d’une grande paix même dans des situations difficiles. Le sentiment de solitude (est ce le solipsisme existential ?) se déchire quand on découvre un ciel habité par quelqu’un qui nous aime et une présence au cœur de la désolation. Et même ceux qui avaient pris pour des dieux et idolâtré « le feu, le vent, la brise légère, la ronde des étoiles, la violence des flots, les luminaires du ciel à cause de leur beauté qui les a charmés, découvrent parfois l’auteur même de la beauté qui est leur créateur. La grandeur et la beauté des créatures font par analogie découvrir leur auteur ;(2) et il est bien d’autres chemins vers la foi. Dieu écrit droit avec des lignes courbes et dit à celui qui cherche une réponse à ses questions : « tu ne me chercherais pas si tu ne m’avais déjà trouvé ».(6)
(1)« Par l’angoisse, le ‘’ dasein’’(l’être au monde) est transporté par son propre être devant lui-même. Tel est donc le pouvoir révélant de cet affect : il vient briser le mouvement de fuite devant soi même. »SZ 1894.Heidegger. L’analyse heideggérienne est très différente de l’analyse freudienne. Elle est d’ordre métaphysique et non psychique.

(2) livre de la Sagesse ch. 13. «Ils ont pris cela pour des dieux a cause de la beauté qui les a charmés. Certains cherchent Dieu en étant plongés au milieu de ses œuvres et se laissent prendre aux apparences : ce qui s’offre à leurs yeux est si beau ».
(3)Ernst Bloch Le principe espérance Gallimard 49 .
(4) » L’analyse existentiale du phénomène de l’angoisse nous fait atteindre un point limite dans la découverte de soi. Le pouvoir de singularité de l’angoisse est si fort que nous devons parler d’un véritable solipsisme existential »SZ 188(.Moins contagieux que la H1N1,qu'on se rassure!)
(5) Marc Ch. 1 v 10 et 11 : « A l’ instant où il remontait de l’eau, il vit les cieux se déchirer et l’Esprit comme une colombe descendre sur lui »
.(6) Saint Augustin avant Pascal.
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28.11.2009
babette et son festin
Babette
. Bien recevoir, pratiquer l’art de la table pour Marthe, c’était emprunter le chemin du ciel alors même que Marie assise au moment du « coup de feu » au début de repas se contente de boire les paroles de Jésus et laisse travailler sa sœur(1). Marthe, patronne des cuisinières, accueilliera t elle au paradis les cordons bleus en compagnie de Babette pour « un festin ouvert à tous les peuples, un festin de viandes grasses et de vins vieux, un festin de viandes grasses succulentes et de vins vieux décantés»(2)
Karen Blixen nous raconte une belle histoire (3) pour nous révéler que Dieu a pris le parti des bons vivants contre les bilirubines ,du mardi gras contre le Carême-entrant, de frère jean et ses cuisiniers quand ils embrochent les andouilles des iles Farouches.(4). On traitait Jésus de glouton parce qu’il ne jeûnait pas comme le baptiste, et répondait aux invitations à déjeuner, ne peut on comme lui apprécier les bonnes choses ? L’idéal ascétique, chemin de liberté pour ne pas s’empâter ne nous projette pas forcément dans la Jérusalem d’en haut. L’art de vivre n’est il pas un art véritable ? Tout art ne rapproche til pas de Dieu ?
Voici la belle histoire du festin de Babette :
Il y a en Norvège, un long fjord étroit, enserré par de hautes montagnes. Dans ce coin reculé et paisible, vit une communauté pieuse où les fidèles renonçaient aux plaisirs du monde. Les plaisirs de table n’étaient pour eux qu’illusions. La réalité à laquelle ils aspiraient s’appelait la nouvelle Jérusalem, la Jérusalem d’en haut. Le pasteur s’était marié tard, avait eu deux filles Martina et Philippa .Comme Martin Luther et Philippe Melanchthon, prénoms lourds à porter qui les identifiaient et leur assignaient un rôle ."Orgueilleusement humbles", elles avaient su chacune leur tour repousser les assauts du monde extérieur : un jeune officier séduisant, puis un chanteur français. Un jour, bien après la mort du pasteur, une femme sonne à la porte de Martina et Philippa. Cette femme s’appelle Babette Hersant, elle émigre de Paris où, elle a participé à la guerre civile de la commune et perdu toute parenté. Elle est cuisinière de profession et propose ses services. Elle est accueillie par les demoiselles et leur fait la cuisine mais dans l’esprit de la maison : morue salée et soupe au pain noir. « Apôtres de la frugalité, les demoiselles fustigeaient l’idolâtrie.Pour elles, La bonne chair affirmait la primauté du matériel et le matériel, c’était le double mal de l’être, sous la forme de la pesanteur et de l’illusion .Quand le corps est repu, l’âme s’alourdit, s’épaissit, s’assoupit, perd la force de s’élever….elle ne sait plus la pauvre que la vraie vie est ailleurs…. En pourchassant sans relâche les plaisirs de la table, leur ascétisme implacable ne ciblait pas la jouissance comme telle mais l’oubli de la nouvelles Jérusalem, c’est-à-dire de la cité céleste et de ses joies »(3) Or , après 14 ans passés dans cette monotonie dans l’ ambiance morose d’une communauté vieillissante , Babette reçoit une lettre de Paris ,elle la lit et la relit et annonce aux deux sœurs qu’elle vient de gagner le gros lot de 10000 francs . Les deux sœurs se réjouissent pour Babette mais voudraient qu’elle ne s’en aille pas avant la grande fête anniversaire du centenaire de leur père. C’est alors que Babette leur fait une requête étrange. Elle leur demande de préparer pour cette fête de communauté un banquet selon ses vœux, un dîner français qu’elle veut payer avec l’argent gagné à la loterie. Devant les protestations des demoiselles, Babette tient bon : « Ne comprenez vous pas mesdemoiselles, vous qui êtes si pieuses et si bonnes qu’il vous appartient d’exaucer une prière qui vient du fond de mon cœur avec la même joie que le bon Dieu a exaucé les vôtres depuis 14 ans ? ».Babette prépare son festin. Passe commande des provisions dont elle a besoin et qui arrivent par bateau. Vint alors le grand soir pour toute la communauté. Martine et Philippa avait fait promettre à toute la communauté de ne pas parler de ce qu’il y aurait dans les assiettes, de ne faire aucun commentaire et « tout au long de la soirée, ils maintinrent un silence total sur la qualité du festin…..mais les uns et les autres baignaient dans un climat de gaité et de douceur..La glace qui enveloppait le cœur des fidèles fondit sans crier gare et ils retrouvèrent le plaisir perdu d’être ensemble. L’esprit de cette communauté qui battait de l’aile dut son renouveau à un enchantement inattendu de la matière…. Les sens des frères et des sœurs furent arrachés au sommeil. Et cet éveil leur ouvrit les portes de l’idéal. L’inférieur illumina le supérieur »(3) Cette histoire me rappelle une plaisanterie vacharde , en cours, dans le monde clérical pour se moquer des "bilirubines", et des buveurs d'eau : "on le croyait saint,il n'était que maigre". Babette s’est fait plaisir, elle a réalisé une œuvre comme une grande artiste et dépensé tout l’argent gagné à la loterie .Dans son mot de remerciement, Philippa dit à Babette : « ceci n’est pas la fin Babette. Au paradis tu seras la grande artiste que le Seigneur a voulu que tu sois. Ah, ajouta t’elle tandis qu’un courant de larmes coulait sur ses joues, combien tu raviras les anges ! »Avec ce cri du cœur, une véritable révolution a lieu : La nouvelle Jérusalem, se peuple de belles et bonnes choses .La cité céleste accueille le meilleur du monde humain. »(3) " Soupe à la tortue, blinis Demidof, cailles en sarcophage, le tout arrosé d’un amontillado exceptionnel."« la miséricorde et la vérité se sont rencontrés, la justice et l’allégresse se sont embrassés » conclut le général en s'essuyant les moustaches.
(1) Luc ch 10 / 38 à 41 : « Une femme du nom de Marthe le reçut dans sa maison. Elle avait une sœur nommée Marie qui, s’étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole. Marthe s’affairait à un service compliqué. Elle survint et dit : « Seigneur cela ne te fait rien que ma sœur m’ait laissé seule à faire le service ? Dis lui donc de m’aider ».Le Seigneur lui répondit : »Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et t’agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire. C’st bien Marie qui a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas enlevée ».
(2) Esaie ch 25 v 6. : « Dieu préparera sur la montagne …..»
(3) Le festin de Babette de Karen Blixen d’après Alain Finkielkraut dans un cœur intelligent chez Stock :Flammarion. p.274. Gabriel Axel en a fait un beau film (affiche ci-dessus).
(4) le quart livre Rabelais :
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21.11.2009
Un parti pris d'espérance
LE PARTI PRIS DE L’ESPERANCE (1)
« Il reviendra juger les vivants et les morts », Les chrétiens croient au retour du Christ, ils l’affirment du moins dans leur crédo chaque Dimanche. Cependant bien peu aspirent à ce retour, bien peu prient pour que Jésus revienne, personne n’est pressé de le voir revenir, même ceux qui sont affrontés à la souffrance. Ils se moquent même des témoins de Jéhovah et autres sectes millénaristes qui annoncent régulièrement la fin du monde. L’an 2000 n’a pas suscité de panique et encore moins de faux espoirs comme 1000 ans avant .Il semble que l’espérance est morte, du moins cette espérance là qui a tant marqué les premières générations de chrétiens, et dont témoigne les écritures. « Je serai avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde »Beaucoup de chrétiens vivent cette présence de Jésus au quotidien selon sa promesse mais ils ont oublié « la fin du monde ». Jésus aurait dit jusqu’à la saint glin- glin ce serait pareil. Du « Venez divin messie » de mon enfance à « Maranata »d’aujourd’hui, ils chantent :" Viens Seigneur" , mais le cœur n’y est pas. Les chants de l’Avent, temps de l’attente parlent de la venue de Jésus et de son royaume dans le cœur des hommes .Ils évoquent parfois le « dernier jour » mais au 4 éme couplet , quand ce n’est pas au 7 éme ou au 9 émé et de manière poétique : c’est l’aube, l’aurore, le jour qui se lève ,le soleil qui va luire ,l’éclat soudain du jour d’éternité ,un ciel nouveau, le royaume des sauvés, la terre promise ,le grand soleil du jour promis . Quand ils chantent sa venue au futur c’est sous forme interrogative « reviendra-t-il sur nos chemins ? Ou « trouvera t il quand il viendra ? Partagez vous cette constatation ? Peut être, comme les vierges sages de Matthieu(2), êtes vous de ceux qui veillent dans la nuit le retour du Seigneur ? En ce cas, réagissez, dites moi que je me trompe, j’attends vos réflexions. Les mayas et les aztèques attendaient, dit on, le retour d'un dieu blond nommé Quetzalcóatl. Un étudiant allemand de Dresde découvre en 1880 "les mystères des mayas «et leur calendrier échappés à la rage destructrice des conquistadors espagnols. Ses calculs l'amènent à dater le retour de Quetzalcóatl et la fin du monde. Ce serait le 22 Décembre 2012 à 0h45 .Bigre !! (il aurait pu nous laisser un dernier Noël !) Espérons que la sagesse des nations à Copenhague retarderont l' apocalypse du moins sous forme de catastrophe écologique . Pour le reste c'est téléologiquement et theologiquement, le secret du Pére.(Marc ch.13/ 32)
Le retard du retour de Jésus
Dans la deuxième épitre de Pierre au chapitre 3,l’auteur (en 125 après Jésus Christ sans doute) est très sévère pour ceux qui n’attendent plus le retour du Seigneur : ce sont des « sceptiques moqueurs menés par leurs passions personnelles »ces gens qui disent « où en est la promesse de son avènement alors que tout demeure dans l’état depuis la création »Voici le commentaire de l’auteur de cette lettre : « N’oubliez pas ,mes amis, que pour le Seigneur un seul jour est comme mille ans et mille ans est comme un jour .Le Seigneur ne tarde pas à tenir sa promesse ,mais il fait preuve de patience envers vous…., voulant que tous parviennent à la conversion .Le jour du Seigneur viendra comme un voleur….Nous attendons selon sa promesse des cieux nouveaux et une terre nouvelle où la justice habitera».C’était en 125,nous sommes en 2009 .Si pour le Seigneur mille ans c’est comme un jour, pour nous , c’est bien long et 2000 ans c’est doublement long. Comme les dix vierges de Matthieu nous nous sommes peut être endormies. Je ne pense pas que nous soyons les « sceptiques moqueurs »que dénonçait l’épître de St Pierre .Simplement nous entamons notre 3éme millénaire et nous n’envisageons pas que tout s’arrête avant son terme. Et si Quetzalcóatl revenait avant Jésus ? 2012 n’est plus loin. ! Sombre apocalypse !
Une espérance comme une attente
" Rendre indispensable l’impossible » Voila ce que disait Bronislaw Geremek qui nous a quitté l’an dernier dans un accident de voiture. ( il aurait fait un bon président pour l’Europe) Cet homme comme nombre de dissidents a vécu l’espérance comme une longue attente.
Vaclav Havel dans un beau discours à l’académie des sciences morales et politiques en1992 décrit ce que fût cette attente :
-En attendant Godo .Beaucoup, perdant l’espoir de faire bouger les choses, se sont mis à espérer en un vague salut venant de l’extérieur..C’était « une espérance d’individus sans espoir »comme les personnages de Beckett sur le banc..
-D’autres, « vivaient l’attente en tant que patience animée par la croyance que résister en disant la vérité est une question de principe, tout simplement par ce qu’on doit le faire. » .
-D’autres enfin vivaient « une attente inspirée par la conviction que la graine semée prendra racine et germera un jour .Nul ne sait quand ».Cette dissidence « cultivait la patience …l’attente en tant que patience, comme un état d’espérance » Et Il ajoute : « une attente qui a un sens parce que générée par l’espoir et non par le désespoir, par la foi non par la désespérance par l’humilité devant le temps de ce monde… une telle attente est plus qu’une simple attente. C’est la vie, la vie en tant que participation joyeuse au miracle de l’Etre».
Ce qui me touche dans le discours de Vaclav Havel,, c’est que pour décrire l’espérance des dissidents, il emploie les images dont se servait Jésus pour parler du Royaume. La patience du semeur.qui « attend la germination », « il faut semer patiemment les graines, arroser avec assiduité la terre où elles sont semées et accorder aux plantes le temps qui leur est propre. » »On ne peut duper une plante,…mais on peut l’arroser, patiemment, tous les jours. Avec compréhension, avec humilité, certes, mais aussi avec amour ».
Voila une espérance en acte ! Un acte d’espérance ! Un parti pris d’espérance.
Les chrétiens, n’ont-ils pas à vivre le temps de l’’attente à la manière des dissidents ?
Une résistance à l’inhumain (3) avec le doux entêtement, et la patience du prophète de Galilée.
La foi dans la semence de justice et d’amour qui germe et grandit « que l’on dorme ou que l’on soit debout » Marc ch. 4/26à29. Donner du prix et encourager tout pas vers plus d’humanité. Mais aussi, ne pas attendre un salut qui comme Godo viendrait d’ailleurs. « Ne pas attendre la floraison d’un lys que nous n’avons pas planté »
Espérer dans l’attente avec « humilité et amour ». Ne pas céder à l’impatience et vouloir comme « un enfant tirer sur une plante pour la faire pousser »
« Participer joyeusement au miracle de l’être » Ajoute Vaclav Havel. Voila qui devrait parler aux familiers de l’Evangile des béatitudes.
Aimer l’espérance, croire au bonheur
« Dis moi ton espérance » c’est le titre d’un livre de Guy Coq (4) qui avoue d’emblée dans son introduction que » comme beaucoup de ses contemporains, que le désespoir attire, il n’a pas aimé l’espérance ». C’est que « les utopies les plus belles ont accouchées du pire ». Et ont fait du 20 éme siècle la période la plus sombre de l’histoire humaine. Le lieu de mon espérance finalement, c’est l’Evangile, dit Guy Coq.
C’’est le refus devant l’espérance .qui a longtemps fait obstacle pour moi, alors qu’elle est première dans toutes les foules que rencontre Jésus. Bien avant la foi, Jésus soulève une immense espérance par ses gestes envers les malades, les rejetés et exclus de son époque, la radicalité de ses prises de position, la révélation de la bonne nouvelle de l’Amour de Dieu, ses promesses de bonheur. Une espérance qui étonne Dieu lui même d’après Péguy(5) « Et moi, Je ne croyais pas au bonheur ». Guy coq raconte une histoire, celle d’un saint, qui ne croyait pas au bonheur. Quand il s’était présenté à sa mort devant le Christ, celui-ci lui a dit : « Tout est parfait dans ta vie, mais il y manque quelque chose d’essentiel : tu n’as pas cru au bonheur ! Alors tu vas recommencer ta vie mortelle en prenant appui sur la foi au bonheur, tu devras revivre ta vie avec en plus, au fond de toi, l’espérance illimitée du bonheur » Ainsi fut fait conclut l’auteur.
(1) profession de foi de ‘Action catholique ouvriére
(2)Matthieu ch.25 :1à13
(3) Cette résistance ne serait elle pas la mise en œuvre de « l’utopie négative » dont nous parle Guy Coq.
(4) Dis moi ton espérance le seuil
(5) Le porche du mystère de la deuxième vertu : « La foi que j’aime le mieux, dit Dieu, c’est l’Espérance.... la foi ça ne m'étonne pas ,j'éclate tellement dans ma création »
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01:06 Publié dans vie spirituelle | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : 22:12:2012, calendrier maya, quetzalcoate, espérance, fin du monde, apocalypse, retour du christ, avent
07.11.2009
biens mal acquis
Biens mal acquis !
Pour la première fois, au mois de Mai, des plaintes déposées par des associations contre des chefs d’état en exercice pour vol et détournement de biens ont été jugées recevables en France et en Espagne. Il s’agit de la Guinée équatoriale, du Gabon et du Congo Brassa ville. Cette dénonciation de « biens mal acquis » met en lumière les détournements massifs dont se rendent coupables certains chefs d’état, affamant ainsi les plus pauvres et privant leur population des moyens nécessaires à leur développement. « Une trentaine de dictateurs ont détourné en quelques décennies entre 100 et 180 milliards de dollars affirme le CCFD dans sa lettre n°39 d’Octobre 2009 qui parle de biens mal acquis et de fortunes indécentes amassées par une trentaine de dictateurs avec l’attitude complaisante des pays plus développés. Le CCFD parle de « Véritable complicité de pillage ». La convention des nations unis dite de Mérida est entrée en vigueur en 2005 et parle nettement de restitution de ces biens mal acquis. Moins de 5% de ces biens « volés » ont été à ce jour restitués. L’Europe de la justice est encore à construire avec le pouvoir d’une justice indépendante. Pouvoir de déclencher l’enquête en matière de délinquance économique et financière. La France pourrait montrer l’exemple : saisir les biens mal acquis sur le sol français, procéder à l’audit des créances françaises vis-à-vis des pays du Sud et évaluer leur légitimité.
C’est la semaine de la finance solidaire(du 4 au 11 Novembre) On va demander à ceux qui le peuvent de soutenir et financer la SIDI (solidarité internationale pour le développement et l’investissement). Est-ce logique, que dans le même temps, on laisse impunis « le scandale de fortunes ,bien mal acquises, qui auraient du et pu être mises au service de politiques de développement ambitieuses et réalistes et bénéficier à des milliers d’hommes ,de femmes et d’enfants ». « L’insécurité alimentaire doit être affrontée dans une perspective à long terme, en éliminant les causes qui en sont à l’origine » dit Benoit XVI (Caritas in véritate). Une des causes n’est elle pas dénoncée justement par le CCFD ci-dessus ? Espérons que les plaintes jugées recevables contre la Guinée, le Gabon, le Congo Brasa ville seront entendues et suivies d’effets Que d’autres à venir contre les autres dictatures seront jugées recevables.
Cette note manque un peu d’humour, il est vrai. Mais la misère des gens et la faim qui tenaille les enfants m’enlèvent toute envie de rire. » Qui me fera avaler que la faim est une fatalité? En attendant que cesse le scandale des dictateurs cupides qui s’accaparent des biens mal acquis, vous pouvez, quand même si vous avez trois sous, participer à cette semaine de la finance solidaire. (Taper ccfd-terresolidaire.org et demander SIDI.) Si vous avez contracté quelque assurance vie et que les bénéficiaires ont réussi dans la vie, n'attendez pas de mourir pour donner la vie. Vos biens,bien acquis , feront vivre les victimes des biens mal acquis. On dit "qu'ils ne profitent jamais " . C'est sûr et c'est bien vrai qu'ils ne profitent jamais aux lésés . Quand aux dictateurs qui s'emplissent les poches , les biens mal acquis ne leur profiteront que si la justice leur en laisse la jouissance.
01:15 Publié dans vie spirituelle | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ccfd, afrique, dictature, pillage, développement, faim
31.10.2009
On ne sait jamais
On ne sait jamais……… ?
« La vie, l’amour, l’argent, les amis et les roses
on ne sait jamais le bruit ni la couleur des choses.
.C’est tout ce que je sais, mais ça je le sais !(1)
Les scientifiques, disent la même chose aujourd’hui.
Ils savent qu’ils ne savent pas ou du moins pas grand-chose et ne sauront jamais le tout des choses.
Mais ils ont été longtemps convaincus du contraire. Or voici que leurs certitudes s’effondrent. Peut-on encore savoir ? Y a-t-il encore un chemin fiable vers la connaissance ? Les scientistes avalent leur chapeau : ce qu’ils prenaient pour Vérités immuables et sacrées parce que se parant du titre de scientifiques deviennent «propositions relatives » .Ce qu’on savait de quelque chose de réel, correspondait à ce qu’on en disait : adéquatio rei,intellectus et verbi. (2) Or voici que tout se déconstruit : « construction de systèmes mathématiques non euclidiens, mise au jour de la relativité, impossibilité de dire ensemble la vitesse et la position d’un corpuscule en physique quantique, incapacité de poser des lois qui soient indépendantes de l’observateur et de ses instruments »(3).Et aujourd’hui, mutatis mutandi, grand débat sur le vaccin de la grippe H1N1 qui provient des milieux médicaux eux même. Plus personne ne semble savoir si c’est bon ou mauvais. Où sont donc les Diaforius, le père et ses prétentions, le fils et sa lourdeur ,où sont leurs chapeaux pointus , leurs clystères et leurs certitudes ?
Et la foi la dedans ? A-t-elle quelque chose à nous dire ? Sur quelle vérité s’appuie t elle ? Y a-t-il encore une Vérité d’Evangile ? A quel saint se vouer ?
Une proposition intéressante, et questionnante , c’est celle de PROPER. (4)La science procède par élimination. « Toute théorie est provisoire, dit il, elle vaut tant qu’elle n’a pas été déclarée fausse ». N’est donc scientifique qu’une proposition qui peut être « falsifiée ».Voila qui relativise la Science et cloue au pilori les petits « savants » prétentieux , les « spécialistes » et les « experts » en tout genre qui du haut de leur savoir traitent de béotiens, les nuls en math et de débiles, les croyants .
Mais la pensée de Proper interroge aussi les certitudes « dogmatiques » ou « idéologiques ». Ne seraient vérités que vérités provisoires, tant qu’elles n’ont pas été déclarées fausses ? Peuvent-elles être provisoires alors qu’on les affirme éternelles ? Pas de problème , si la foi est vécue comme une recherche tâtonnante dans la nuit plus que la possession d’une Vérité absolue, si La Vérité, ce ne sont pas d’abord des dogmes à croire mais quelqu’un à aimer à savoir Jésus lui-même .(Je suis la Vérité et la Vie)! Nous ne pouvons dire qui est Dieu en Soi mais seulement ce qu'il fait pour nous.
Reste l’Ecriture, La bible, donnée de fait, porte une trace, la « trace d’un Absent »... L’écrit de la Bible ne nous branche pas sur la Vérité comme on branche ou recharge un portable. Il y a en elle une priorité de la question sur la réponse. Elle nous introduit dans « un jeu de différences, un ensemble de renvois qui tournent autour d’une absence. »(4) Elle nourrit, donne un éclairage et des mots pour exprimer l’expérience de la rencontre de la foi. Une rencontre nourrie d’autres rencontres avant elle, avec des générations de croyants depuis Abraham.
La foi serait elle chemin vers la certitude ? Le croyant peut-il savoir enfin le fond des choses ? Eh bien non ! Nos croyances ne comblent pas nos incertitudes humaines et la relativité de nos affirmations. Gabin a raison de chanter sa quête infructueuse de savoir. La foi est rencontre, elle est de l’ordre « d’une connaissance ininscriptible dans le langage, un savoir « insu » pour parler comme Lacan ».(5)
« Les Evangiles ne sont pas faits pour être compris et pour expliquer les choses mais pour être abordé comme un seuil de mystère, ce sont des livres de vie, des paroles d’esprit et de vie.» « Le secret de l’évangile n’est pas un secret de curiosité mais celui d’une communication de vie » disait Madeleine Delbrel qui ajoutait : « Celui qui laisse pénétrer en lui une seule parole de l’évangile et surtout qui la laisse s’accomplir dans sa vie connait plus l’évangile que celui qui y cherche des certitudes » ..(6) « Alors, ajoute t elle, si ta poche est trop petite pour contenir les évangiles, prend ta musette ».
.Avant de quitter notre monde, Gabin disait « maintenant je sais que je ne sais pas. Ce « dieu du cinéma » après avoir crevé l’écran est passé de l’autre coté de la toile, a-t-il trouvé maintenant la Vérité qu’il ne trouvait pas dans la salle obscure du monde ? Sait-il « la vie, l’amour, les amis et les roses ». Sait il la vie, l’abondance de la vie même de Dieu, Sait il la largeur, la longueur et la profondeur de l’Amour de Dieu, Sait il ce qu’est la chaleur de l’amitié et la famille des enfants de Dieu rassemblée et le parfum des roses ? On l’espère pour lui, mais aussi pour ses fans qui auront le plaisir de le retrouver un jour avec les bras chargés de roses, cela s’impose..
(1) De jean Lou Abadie lu par jean Gabin.
(2)Saint Anselme de Canterbury après Aristote : Adéquation entre ce qu’on comprend et ce qu’on dit des choses.
(3) l’articulation de la foi Jean Ansaldi cerf
(4) Proper : « la quête inachevée » chez Calman L(5) Déridda : de la grammatologie
(6) Nous autres gens des rues. Madeleine Delbrêl
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24.10.2009
La onziéme heure
Mon boulanger vend la baguette o, 70 centimes à mon voisin de droite CHATELAIN RICHISSIME et le même prix à mon voisin de gauche ERSAÏSTE (1) Le pain aurait donc le même prix pour tout le monde ? Je parle de la baguette classique de pain blanc chère à tout français .Si le pain a le même prix et que tout le monde doit manger, faut il donner les mêmes ressources à chaque famille ? Faut-il donner le même salaire à celui qui a travaillé toute la journée et à l’autre qui n’a travaillé qu’un mi temps, voir une heure dans toute la journée Dans une histoire que raconte Matthieu dans son évangile au chapitre 20, Un patron vigneron donne le même salaire à tous ceux qui dés le matin attendaient l’embauche, qu’ils aient été pris de suite ou à la dernière heure, qu’ils aient donc supporté l’ardeur du soleil toute la journée ou qu’ils n’aient travaillé qu’une heure. (2)
Le RSA serait il la réponse moderne à cette parabole évangélique ? Son ouverture timide aux moins de 25 ans fait débat aujourd’hui : Il y a ceux qui
pensent que tout le monde doit manger, jeunes ou vieux, que l’on trouve ou non du travail. Et il y a les autres qui craignent que les jeunes ne se lèvent plus ou ne soient plus à l’heure à l’embauche. C’est sans doute une pratique à mettre à l’épreuve du temps .Les ouvriers de la première heure n’appréciant guère de voir les derniers arrivés à la vigne recevoir le même salaire qu’eux, eux qui ont supporté le poids du jour sous le soleil. Seraient ils invités à changer de mentalité, à travailler plus pour gagner moins et permettre à celui qui travaille moins de gagner plus ? A voir ! À voir de très prés !
Mais y a-t-il une lecture « sociale » de l’Evangile ? Est-ce bien légitime ?
Peut-on lire une parabole dans son sens premier ? Ne faut-il pas au contraire lire cette histoire en entrant dans les intentions de l’auteur, Matthieu en l’occurrence et derrière lui Jésus ? Et de plus l’éclairer comme toute fable de sa conclusion, et en tirer la leçon : « Les premiers seront les derniers, les derniers seront les premiers ».
Faisons en l’essai :
La vigne dans cette parabole c’est l’humanité (3). L’employeur, c’est Dieu qui embauche à toute heure pour travailler à plus de justice et à la paix. Il n’est jamais trop tard pour dire oui et retrousser ses manches. Il y a tant à faire pour bâtir la fraternité entre les hommes et les peuples.. Voila pour les ouvriers de la onzième heure qui n’ont rien fait jusque là et qui entendent l’appel à la vie « militante ».
Quand aux ouvriers de la première heure qui rouspètent, ce sont ceux qui militent depuis longtemps et à la longue, sont devenus les propriétaires de leur mouvement, de leur parti, de leur association alors qu’ils n’en sont que les membres dévoués .Ils rouspètent contre les derniers venus à qui on donne la parole alors qu’ils ne militent que depuis peu.
« Que ce soit le matin, le midi ou le soir de notre vie, nous sommes tous des ouvriers sur le chantier du monde », disait Mgr Roméro : « Nous ne sommes pas des artisans à notre compte. Nous sommes des gérants et non des propriétaires. Nous sommes des serviteurs, pas des messies. Nous sommes les prophètes d’un futur qui ne nous appartient pas ». Voila sans doute le vrai sens de cette parabole : bousculer ceux de la onzième car Il n’est jamais trop tard pour s’y mettre, inviter les lève tôt à ne pas juger mais au contraire se réjouir de voir des nouveaux se mettre en route et surtout leur faire de la place .Que les derniers arrivés soient les premiers dans la confiance que leur font les anciens.
(1) néologisme de « consonance hébraïque » tiré de RSA : revenu accordé aux anciens rmistes qui trouvent un travail plus ou moins complet et rémunérateur et qui additionnent désormais leur salaire avec les indemnités dont ils gardent la jouissance.
(2) Matthieu ch.20/1 à 16 : Les ouvriers de la onzième heure. Avec une conclusion à provoquer une grève générale dans les vignobles.(voir ci-dessous le texte intégral)
((3) La vigne dans la tradition biblique, c’est le peuple de Dieu. Voir le chant de la vigne dans Isaïe au chapitre 5/ 1 à 5. L’évangile nous permet il une vue plus universelle ? La vigne, ce serait alors l’ensemble des peuples, l’humanité.
» Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu » Chapitre 20
01 « En effet, le Royaume des cieux est comparable au maître d'un domaine qui sortit au petit jour afin d'embaucher des ouvriers pour sa vigne.
02 Il se mit d'accord avec eux sur un salaire d'une pièce d'argent pour la journée, et il les envoya à sa vigne.
03 Sorti vers neuf heures, il en vit d'autres qui étaient là, sur la place, sans travail.
04 Il leur dit : 'Allez, vous aussi, à ma vigne, et je vous donnerai ce qui est juste.'
05 Ils y allèrent. Il sortit de nouveau vers midi, puis vers trois heures, et fit de même.
06 Vers cinq heures, il sortit encore, en trouva d'autres qui étaient là et leur dit : 'Pourquoi êtes-vous restés là, toute la journée, sans rien faire ?'
07 Ils lui répondirent : 'Parce que personne ne nous a embauchés.' Il leur dit : 'Allez, vous aussi, à ma vigne.'
08 Le soir venu, le maître de la vigne dit à son intendant : 'Appelle les ouvriers et distribue le salaire, en commençant par les derniers pour finir par les premiers.'
09 Ceux qui n'avaient commencé qu'à cinq heures s'avancèrent et reçurent chacun une pièce d'argent.
10 Quand vint le tour des premiers, ils pensaient recevoir davantage, mais ils reçurent, eux aussi, chacun une pièce d'argent.
11 En la recevant, ils récriminaient contre le maître du domaine :
12 'Ces derniers venus n'ont fait qu'une heure, et tu les traites comme nous, qui avons enduré le poids du jour et de la chaleur !'
13 Mais le maître répondit à l'un d'entre eux : 'Mon ami, je ne te fais aucun tort. N'as-tu pas été d'accord avec moi pour une pièce d'argent ?
14 Prends ce qui te revient, et va t'en. Je veux donner à ce dernier autant qu'à toi :
15 n'ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mon bien ? Vas-tu regarder avec un œil mauvais parce que moi, je suis bon ?'
16 Ainsi les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers. »
08:05 Publié dans vie spirituelle | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rsa avant 25 ans, evangile, parabole de la vigne, le patron, le travail, le chomage, les premiers derniers, les derniers premiers
17.10.2009
Mains propres
« Je m’en lave les mains ! »
Roselyne Bachelot nous invite à nous laver les mains . En effet après avoir serré les mains des autres elles pourraient être porteuses du virus de la grippe H1N1.
- Une dame très anti- cléricale entre un jour dans une église au tître du patrimoine et serre la main d’un homme qui la lui tend. Elle apprend que l’homme en question est un prêtre, elle se précipite chez elle pour se laver les mains et se purifier d’une contamination possible. Voila un anticléricalisme viral , Il se protège de la contagion et vire au cauchemar. Y aurait-il donc un virus de la foi ? Ce virus là, « grenouille » t il dans le bénitier ou dans le creux de la main du curé ? Cette dame avait raison d’ avoir peur. (Car elle existe, je l’ai rencontré, c’est elle même qui m’a raconté cette histoire. Un an après s’être lavé les mains par prophylaxie face au virus de la foi, elle demandait le baptême. Elle devrait changer de savonnette : elle a du confondre l’antiseptique et "l’anti-sceptique.")
-Les pharisiens se lavaient les mains avant le repas, ce qui est sage même en dehors d’une épidémie annoncée quand ce ne serait que pour éviter la gastro.
Les disciples de Jésus transgressent cette tradition « Ils ne se lavent pas les mains quand ils prennent leurs repas ».(1)
« Pourquoi tes disciples transgressent ils la tradition des anciens » ?’(1)
Jésus répond vertement aux pharisiens et aux scribes de Jérusalem: « Hypocrites » Isaïe a bien dit de vous : « ce peuple m’honore des lèvres mais son cœur est loin de moi ». « Ce n’est pas ce qui entre dans la bouche qui rend l’homme impur, mais ce qui sort de la bouche et du cœur avec les mauvaises intentions ». (1)
-Une autre fois, Jésus est invité pour le repas de midi et ne se lave pas les mains. A son hôte pharisien qui s’étonne, il dit : « Vous les pharisiens, vous purifiez l’extérieur de la coupe et du plat, mais à l’intérieur vous êtes remplis de cupidité et de méchanceté. Insensés ! Celui qui a fait l’extérieur n’a-t-il pas fait aussi l’intérieur ? Donnez plutôt ce que vous avez, et alors tout sera pur pour vous. »(2)
-Se laver les mains, oui ! Obéissons à Roselyne mais pour se protéger, pas pour se croire ou faire croire qu’on est pur. A Qumran, les esséniens avaient la hantise de la pureté. Ils pratiquaient quantités de rites de purification. Des citernes sont encore là pour en témoigner. Ces pratiques de purification étaient en partie celles des pharisiens du temps de Jésus, Marc en parle au chapitre 7. (3)
-La tentation de la pureté est une constante du tragique humain pensait Emmanuel Mounier. Être « clean » est en effet un idéal mais un idéal ambigu. Que ce soit à Qumran avec les esséniens, au temps des pharisiens ou maintenant :
. Voyons les choses en détail :
-Il y a ceux qui ne veulent pas se salir les mains :
Ils se tiennent en dehors de toute situation difficile. Comme Pilate, ils s’en lavent les mains et laissent faire l’injustice. Leur slogan : « ce n’est pas mon problème » ! Ils se présenteront devant Dieu avec les mains propres mais elles seront bien vides.
-Il y a aussi ceux qui veulent « purifier » leur pays de ceux qui sont différents :
-Purifier en éliminant ceux qui prient différemment comme durant la guerre civile dans les Balkans(musulmans), sous le 3éme Reich avec les juifs et la solution finale , en Turquie avec les arméniens(chrétiens orthodoxes) , prés de chez nous en France à la Saint Barthélémy(protestants) ou en Chine avec les tibétains(boudhistes).
-Purifier en éliminant ceux qui ont une autre couleur de peau comme durant des décennies dans le Sud des Etats unis ou de l’Afrique avec l’apartheid. L’élection d’Obama a mis un terme, nous l’espérons, à ce genre de crime ? Cette élection est en tout cas source d’espoir pour la paix avec ce nouveau Nobel « coloré ».
-Purifier en éliminant Ceux qui pensent mal ou ne vont pas dans le sens de l’histoire : le fait de tout regime totalitaire.
:-Il y à ceux qui font le ménage :
-dans leur entreprise en cherchant à éliminer ceux qu’ils appellent les « brebis galeuses » .Tandis que d’autres s’éliminent tout seul par le suicide ou la démission.!
.-dans leur entourage, en pétitionnant pour faire partir des voisins qui les gênent sans penser qu’ils risquent d’en gêner d’autres ailleurs.
- dans leur quartier en s’opposant à la loi de mixité sociale sur l’habitat pour se retrouver entre « gens biens » (traduire : nantis.)
-Dans leur pays , en protégeant les frontières contre l’ « invasion » des pauvres.
-Dans leur continent qu’ils veulent transformer en forteresse à l’abri des réfugiés et des misères du monde.
Roselyne a raison d’insister pour qu’on se lave les mains, pour faire barrage à la grippe. Se laver les mains sera peut être d’ailleurs suffisant pour éviter l’épidémie. Et si à travers ce geste simple, par la médiation de la savonnette miraculeuse, les français se protégeaient aussi de « toutes mauvaises intentions : inconduitre,vols,meurtres,adultéres,cupidité,perversités,ruse,débauche,envie, injures, vanité, déraison, tout ce mal qui sort de l’homme et le rend impur »(4) ce serait une jolie réussite .Je rêve de cette savonnette miracle qui garderait en plus les français du virus sécuritaire et de la chienlit. Vive la savonnette « sur mesure, celle qui purifie sans exclure ».
(1) mathieu ch.15/v2 et v 11
(2) Luc ch. 11 v 40 et 41.r
(3) Marc ch. 7 v 3 et 4: « Les pharisiens comme tous les juifs, ne mangent pas sans s’être lavé soigneusement les mains par attachement à la tradition des anciens. En revenant du marché, ils ne mangent pas sans avoir fait des ablutions et il y a beaucoup d’autres pratiques traditionnelles auxquelles ils sont attachés : Lavage rituels, des coupes, des cruches et des plats.
(4)Marc ch. 7 v 21.
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