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  • quasi modo

    Quasi modo

     Difforme, bossu, bancal, borgne et sourd, voila le sonneur de Notre Dame de Paris imaginé par Victor Hugo. Il a une grande force et s’en sert  pour défendre l’accès de « sa cathédrale »  aux  gueux  venus   délivrer leur « reine » Esméralda.  Tout le monde ou presque connait cette histoire, mais  bien malin  qui  sait  pourquoi Hugo  a  baptisé  ainsi  le «  gnome ».

     Quasi modo  ce sont les premiers mots du chant d’entrée de la messe  du Dimanche  éponyme qui suit  la fête de Pâques(1). La traduction  est simple : ça veut dire  quasiment,comme….

    « Quasimodo  geniti  infantes… » : «  Quasiment , comme des enfants nouveaux nés, soyez avides du   lait pur de la parole » (1bis).Pour exprimer sa faim, le bébé  pleure ou plutôt  il crie. Ami, as-tu  déjà entendu  le cri  déchirant  de  catholiques  assoiffés de la Parole ? As-tu entendu les protestations d’une assemblée chrétienne  qui, comme un nouveau né à qui on retire le biberon, trouve  trop court  le commentaire de la Parole ? As-tu vu  chez un catholique une bible non recouverte de poussière  et usée  à force d’être feuilletée ?

    Eh bien oui !  Je l’ai vu et entendu. Il faut, à vrai dire, une bonne oreille et une bonne vue !

     J’ai rencontré cette soif de la Parole de Dieu chez des « nouveaux nés » dans la foi que sont des néophytes, mais aussi chez des  intellectuels   et des gens tout simples, chez des riches et des  gueux. Ainsi dans un quartier de relégation peuplé  de gens de couleur  venu de tous les continents, 60 chrétiens  s’organisent  en petites équipes pour  partager la bible et  y nourrir leur foi, tandis que dans une  autre « zone » , on  ouvre le livre tout un mois durant..

    On revient de loin. Les  chrétiens réformés se sont longtemps moqués des catholiques pour leur peu d’enthousiasme à ouvrir la bible. Que s’est-il donc passé pour  qu’ils s’y mettent ?

    Je crois qu’il y a chez eux  une soif nouvelle. Un désir d’étancher cette  soif à la source même de la Parole. Ils  sont las  des débats d’idée et surtout  ils n’acceptent plus  l’adhésion aveugle  aux dogmes.  On l’a vu  ces temps ci avec la réaction du catholique moyen aux déclarations « décalées » et surmédiatisées  de la hiérarchie sur des sujets d’ordre moral. Les catholiques qui «protestent »  seraient  ils de  nouveaux  « réformés » ? Les  plus fervents  puisent l’eau vive   à la source  en tournant  légèrement  le dos à ceux qui pourtant ont reçu mission de les instruire. Cette attitude est nouvelle  et c’est pourquoi l’on peut dire qu’Ils  s’abreuvent  de la Parole  quasiment comme des nouveaux nés avides du lait pur de la Parole. «  Quasimodo geniti infantes… ». Ils découvrent   avec émerveillement  un trésor insoupçonné : «  le lait pur de la Parole ». « Celui qui vient à moi, a dit Jésus, n’aura plus faim ; celui qui croit en moi n’aura plus jamais soif. »(2)

    L’Eglise serait elle  menacée par cette attitude nouvelle  des catholiques ? Oui, peut être, par cela et par bien d’autres choses. l’Eglise chancelle  comme les portes de la cathédrale Notre Dame de Paris sous les coups répétés des gueux.(3)Mais  comme le disait  Mgr Defois à qui l’on parlait de l’avenir de l’Eglise : « L’ avenir de l’Eglise ne m’intéresse pas !(4) Ce qui  m’intéresse par contre, c’est l’Eglise de l’avenir ».Une Eglise   qui n’a pas besoin de Quasi modo pour se défendre  et se barricader  mais qui s’abreuve  à la source  d’eau vive. Une Eglise toujours nouvelle, « quasiment » composée  de nouveaux nés de tous âges, « nés d’en haut »(5), avides du lait de la Parole pour s’en nourrir et en vivre.

    (1) Appelé aussi le Dimanche «  in Albis »  avec l’accueil des nouveaux  baptisés, nimbés de l’éclatante blancheur  de Pâques.

    (1bis) Première lettre de St Pierre  ch.2/2 : « Comme des enfants nouveaux nés, désirez le lait pur de la Parole afin que, par lui, vous grandissiez pour le Salut, si vous avez goûté que le Seigneur est bon. »

    (2)St Jean ch.6/35

    (3) « déjà plus de vingt fois, l’épaisse porte sur laquelle ils s’acharnaient avait tremblé sous la pesanteur de leur bélier de chêne multiplié par la force de cent hommes. Les panneaux craquaient, les ciselures volaient en éclats, les gonds à chaque secousse sautaient en sursaut sur leurs pitons, les ais se détraquaient, le bois tombait en poudre broyé par les nervures de fer. »Notre Dame de Paris v. Hugo. Livre x, ch. 4. Serait- ce une parabole prémonitoire ?

    (4) Gérard Defois  archevêque émérite de  Sens, Reims et  Lille qui ajoute et précise : « L’avenir de l’Eglise  vu comme  le maintien  et la permanence de son passé ne m’intéresse pas». 

    (5) Nicodème : St Jean ch.3/3 à 6 : Nicodème lui dit : « Comment un homme pourrait il naître s’il est vieux… »Jésus lui répondit : « Nul s’il ne nait d’eau et d’Esprit, ne peut entrer dans le Royaume de Dieu ».