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rire

Rire

 

 

conte philosophique

 

 

 

 

 

 

« Mieux est de ris que de larmes écrire

pour ce que rire est le propre de l'homme »

François Rabelais

 

 

 

Chapitre un la Charité sur Loire

 

 

 

 

On était trois dans la peugeot de Maurice . . On se rendait à Vichy , en congrés. Cétait l'hiver et la chaussée du magnifique pont de la Charité sur Loire était verglacée. Maurice ralentit à la hauteur d'un passant à qui par la fenétre entr'ouverte , je demande la route de Nevers.

Le passant s'arréte ,se retourne , glisse et tombe de tout son long avec canne et chapeau sur le bitume . « La canne à terre ,la faute à Voltaire, le chapeau dans le ruisseau, la faute à Rousseau »aurait dit Gavroche.. Il se redresse , frotte son manteau taché , récupére chapeau et canne  et me répond : «  pour Nevers c'est simple ! La rocade étant en travaux , Vous traversez la Loire , passez sous la 4 voies et rive droite vous prenez la départementale par Decize puis Moulins Attention aux brouillards givrants dans ce fond de vallée . Ca glisse aussi dans les coteaux .

On a ri . On a Tous les deux à l'avant été pris d'un rire fou  qui nous à secoué les épaules et fait venir des larmes plein les yeux.Dés quil a pu, Maurice a stoppé la voiture . et a épongé ses larmes . Tandis que dessous les arches du pont ; la Loire, tout sourire (sous- rire,sous notre rire ), s'écoulait sereinement. .Je me suis rappelé ce que me disait ma mére : «  Quand un homme tombe, on rit. Quand un cheval tombe on dit : «  pauvre bête ».

Il nous a fallut cinq bonnes minutes pour reprendre notre souffle. Heureusement le pont était solide . Il a résisté à la secousse de nos épaules. Seul à l'arriére Félix ne riait pas .

- « Vous n'avez pas honte de rire de la chute de cet homme ? ! »On est sur le pont de la Charité sur Loire, et je trouve que vous manquez sérieusement de charité . Voila un homme dont vous riez alors qu'il nous renseigne gentiment . Vous l'avez fait chuter par votre demande de renseignement , il s'est fait mal ,il a sali manteau et chapeau et s'est empressé ensuite de nous indiquer la route et de nous mettre en garde contre le verglas sur les coteaux . Et ça vous fait rire ! »

- «Que veux tu ;  Le rire ne se commande pas ».dit Maurice qui pouffe aussitôt.et m'entraine dans un nouveau fou rire provoqué cette fois en contraste par le sérieux de la remarque professorale de Félix. .

« Tu as raison Maurice ,ajoute Félix , mais que veux tu, ,il y a de l'automatisme dans le rire » Bergson en parle mieux que moi .

  « Le rire ,a t' il affirmé , survient du collage entre deux niveaux de l'humain..L'un qu'il nomme automate et l'autre qu'il nomme vivant.. Ce qui faite rire c'est la surprise d'une métaphore superposant deux niveaux . L'exemple majeur de l'homme qui glisse sur une peau de banane ou ,comme ici sur du verglas nous montre non pas l'irruption de l'automate mais l'automate qui se défait ,le marcheur qui vacille. » (1)

« -Avec cette remarque de haute teneur philosophique, Je ne suis pas sur que Bergson nous éclaire beaucoup.

- «  J'ai rien compris à ton collage entre deux niveaux : l' automate et le vivant ,.et pas plus à la métaphore qui superpose ces deux niveaux. Et toi Maurice , tu as compris?

- «  Oui, bien sur !, j'ai compris que Félix se moque de nous en étalant sa science.

  • « -j'ai connu un journaliste qui à chaque interview posait la question : Vous souvenez vous de votre dernier fou rire ?

  • Les réponses étaient diverses mais j'ai retenu celle de Ladislas Lozano le Coach de Calais en 2000, l'année de la coupe de France. 

  • «  Oui, ..Je m'en souviens a répondu Ladislas , J'avais la grippe et j'étais cloué au lit . De ma chambre j'avais vu sur le carrefour avec un virage à l'éqerre.Il était tombé une pluie fine sur un sol gelé de quoi alimenter un joli verglas ,comme aujoud'hui sur le  pont de la   Charité.  Chaque cycliste de cette course locale   s'explosait  , je les voyais arriver, dit il, ,déraper ,chûter ,se relever lourdement ,se frotter les reins ,redresser le garde-boue ,puis repartir.

  • - Et ça te faisait rire ,dit Félix? .Ces cyclistes pouvaient se blesser,se faire mal .

  • Oui, sans doute mais mon rire était provoqué justement par la différence vivace entre les cyclistes qui abordent le virage en toute innocence et leur chute prévisible , vue douillettement de mon lit.

  • -"La jouissance du rire serait elle de faire place au mal ?" Demande Maurice.qui soudain replonge et m'entraine dans un nouveau rire fou .

  • Aveuglé par les larmes Maurice cherche rapidement un autre lieu de stationnement dés la sortie du pont . On reprend notre souffle et on séche nos yeux.

  • -Nous voilà de nouveau surpris par une différence vivace entre l' aimable courtoisie du passant au chapeau et la cruauté de sa chute .

  • "une différence vivace" , ajoute Félix entre notre cynisme et la noblesse de cet   homme qui a peine redressé désigne de sa canne la direction demandée. »

Les remarques moralisantes  de Félix ont le don d'alimenter encore plus notre rire . Maurice sort son mouchoir.

  • « Arréte Félix ! «  

  • « Non ! pas le moteur » ! arréte de nous faire la leçon , tu va nous faire pisser dans notre froc. » .

  • « D'accord, j'arréte répond Félix  mais sachez   qu'il est trois choses qui atténuent les difficultés de la vie selon Kant : L'espoir,le soleil et le rire. Le rire est une  suite de secousses ou l'on s'’identifie , une série de saccades où notre souffle coupé  rebondis  sur sa coupure pour  se reprendre  un peu au-delà. Cycle jouissant  et productif de coupures redoublées »… «.Rire  en effet, c’est se perdre de vue et se retrouver une ou deux fois par seconde,  dans un rythme condensé. Souffle coupé qui se reprend aussitôt, qui   évoque une syncope  rattrapée ; une petite mort d’où l’on renait. Le rire nous aide à respirer bien qu’il puisse nous suffoquer »(1)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

chapitre deux

les dieux

 

.Nous voici àVichy . Valise rangée on se retrouve en terrasse  Félix revient sur le fou rire qui nous a pris sur le pont de la Charité sur Loire.

« Rabelais dit que le rire est le propre de l'homme ; Il est vrai qu' on voit mal le Bon Dieu éclater de rire et entrainer anges et archanges dans un immense fou rire  face a quelques bétises des hommes. »

- «  Jésus ,qui par ailleurs ne manque pas d'humour , a pu rire face à quelques situations cocasses. »   - « ,l'évangile n'en parle pas », dit Maurice qui commande trois demis .

- «  Les dieux de l'olympe étaient moins discrets que le Dieu des chrétiens.affirme Félix . Démodocos dans l'odyssée chante les amours adultérins d'Arés et d'Aphrodite et décrit l' éclat de rire homérique des dieux face au piége forgé par Héphaestos le cocu boiteux, dieu de la forge  qui enchaine les amants Arés et Aphrodite dans son lit piégé  par un réseau de chaines forgées  ».

Félix entame son verre et continue son discours , la mousse sur le bout du nez .

« -J'ai appris par cœur le récit de l'aéde achéen, tellement je le trouve drole. » .

Félix boit une gorgée pour s'éclaicir la voix , esuie la mousse de son nez , se léve et déclame l'Illiade .

« Quand il eut au billot dressé sa grande enclume, il forgea des réseaux de chaines infrangibles pour prendre nos amants... »

Le piége forgé il invite les dieux à venir voir les amants prisonniers.

« Zeus ,le pére et vous tous éternels ,arrivez ! Vous verrez de quoi rire . Aprhodite ne vit que pour mon déshonneur elle aime cet Arés,pour la seule raison qu'il est beau ,l'insolent et qu'il a les jambes droites !

Si je naquis infirrme a qui la faute ?

Ainsi parlait l'époux et vers le seuil de bronze accouraient tous les dieux ,et d'abord Poseidon, le maitre de la terre ,puis l'oblgeant Hermés,puis Apollon . Les déesses , avec la pudeur de ler sexe ,demeuraient au logis ….(2)

.« Sur le seuil, ils étaient debout, ces immortels qui nous donnent les biens. Et du groupe de ces bienheureux montait un rire inextinguible (1)

C'est ainsi que le fou rire a gagné l'Olympe. Puis est descendu sur terre ,comme tout à l'heure sur le pont verglacé de la Charité sur Loire .

Félix apres nous avoir ébloui de sa mémoire « homérique » cesse enfin son discours emprunté à Démodocos , vide son verre et met fin à nos échanges.

 

 

Il nous faut gagner notre chambre et ranger nos valises

.Suite au chapitre trois;plus loin.

 

(1)Odyssé V111

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chapitre trois

Éclat de rire du bébé Navajos.

Trois jours plus tard ,on se retrouve à la même terrasse . Maurice est en verve en ce dernier jour du congres « Laudato si ». Il nous parle du défi urgent de sauvegarder notre «  maison commune » dans un développement durable.

- «   Félix cite un passage de l'encyclique : « Je salue ,encourage et remercie tous ceux qui travaillent avec vigueur pour assurer la sauvegarde de notre maison commune. Ceux qui luttent pour affronter les conséquences dramatiques de la dégradation de l'environnement.

Cela vous fait rire ? 

Je fais observer que chez les indiens Navajos : « Le héros, la vedette du clan indien , n’est pas le vaillant guerrier, œil de lynx ou bison futé qui a ramené le plus de scalps de blancs dans sa ceinture, ni celui qui grimpe d’un saut sur son mustang blanc et bai, et qui grand guerrier galope le plus longtemps dans la pampa son tomawak en main. La vedette c’est celui qui a réussi à faire rire aux éclats le dernier nouveau né de la tribu.

Je ne sais ce qui peut faire rire aux éclats un bébé Navajos, si c’est avant ou après qu’il ait fait ses premiers pas, mais je trouve que célébrer celui qui l’a fait rire et faire la fête de tout le clan pour rire avec lui, c’est génial .

« Oui dit Félix , Avant que les échanges entre les hommes se réduisent au marché,on est là dans un échange symbolique où tout don reçu oblige.  En éclatant de rire « Le bébé donataire rend la politesse au donateur sous forme de contre don ». En termes systémiques, un tel échange se représente par une boucle de rétroaction ago-antagoniste. »(1)

Apres ces remarques savantes de Félix ,qui nous laissent pantois et nous font à peine sous-s- rire , j'ajoute qu'en occident ,la famille ne fait pas la fête pour le premier éclat de rire du nouveau né ,mais par des mimiques et des « guili guili  »  répétés ,la maman, la marraine, la grande sœur, le papa moderne, s’émerveillent d’ un premier sous-rire . en un où deux mots. En occident , on guette davantage les premiers pas du bébé..On est dans une démarche moins gratuite. Les premiers pas en appellent d’autres, c’est déjà une humanité en marche. On a ainsi fêté les premiers pas de l’homme sur la lune. On est dans une dynamique de progrès .Même si, avec ses premiers pas, le bébé renverse les bibelots.

-« Un éclat de rire de bébé a la sonorité d’un cristal pur,dit Félix. L’accueillir comme un contre don et faire la fête au donateur qui a réussi à le faire rire nous transporte au pays des rivières à saumons dans une civilisation précolombienne.Ca fait rêver !

- Mon souhait,dit Maurice c’est que les indiens navajos n’abandonnent pas la belle fête du rire et nous la transmette.sq au chapitre quatre, plus loin.

 

(1)Gérard Donnadieu les religions au risque des sciences , parole et silence

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

chapitre quatre

La Bible

«  Cet expert , nous a bien fait rire ce matin dit Maurice. mais « castigat ridendo mores . Son humour est blessant pour certains  Peut on rire de tout ? » .

« Je ne dis pas qu'on peut rire de tout mais qu'on doit rire de tout. Pas de censure. Par contre ,il faut que ce soit drole. Sinon ça tombe à plat.

Je connais une histoire sulfureuse qui m'a fait rire dit Maurice.

« Jésus aligne les 12 et marche devant eux sur la mer. Tout va bien ,seul Thomas s'enfonce pieds,mollets,genoux, ceinture .

Jésus se retourne et dit : Thomas ne fait pas ton malin, marche sur les pierres comme tout le monde.

Cette histoire a choqué certains comme frolant le sacrilége .Faut il que la foi de ces agélates soit bien fragile pour etre ébranlée par cette histoire. ?. Mais voilà ! , j'ai eu le plaisir ce matin de vous voir rire tous les deux la mousse de biére dans vos moustaches . Deux sur deux c'est 100 pour 100 . Merci les copains.Vous Faire rire me donne une grande satisfaction.

 

On était donc trois à la même table sur la terrasse à boire un demi en commentant les trois jours de congrés et le rire provoqué par le dernier conférencier , un rire moqueur .et grinçant aux dépens des curés  selon une vielle tradition gauloise.

«   On ne rit pas beaucoup dans la bible.dit Félix Un Dieu unique ne rit pas , n'éclate pas de rire a tout bout de champ. Ce ne serait pas sérieux .

Le dieu trinitaire des chrétiens de par une certaine proximité avec l' humanité pourrait à la rigueur sourire pour signifier son enpathie envers les hommes . 

-"Comme  le décrit le dialogue avec don camillo" dit Maurice .

-Jésus lui même dans son humanité a pu rencontrer des situations cocasses et en rire clairement. »

- "Mais l'évangile n'en parle pas, à ce que je sache . "ajoute Maurice. 

 

- « Oui, dit Félix ,Un Dieu unique ne rit pas mais il cré parfois la surprise et provoque lui même le rire . La génése met en scéne Abraham et Sara alors que Dieu leur prédit la naissance d'Isaac . ils sont très vieux tous les deux.quand aux chénes de Mambré :

« Dieu dit à Abraham : «  De ,ta femme, je te donnerai un fils … »

De mémoire Félix continue : Alors « Abraham tomba la face contre terre et se mit à rire car il se disait en lui même : « un fils naitra t il a un homme de cent ans et Sara qui a quatrevingt dix ans va t elle enfanter ? .

Toujours de mémoire Félix continue le récit . C'est un passage de la genése au chapitre dix huit sur lequel il a planché pour sa thése en théologie.sur les annonciations et la Révélation.

Sara écoutait à l'entrée de la tente qui se trouvait derriére lui … Sara rit en elle même ,,se disant maintenant que je suis usée ,je connaitrai la volupté .! Ainsi que mon mari qui est un viellard ?.

Yavé dit à Abraham : « Pourquoi.Sara a t elle ri se disant : « vraiment vais je encore enfanter ,alors que je suis devenue vieille ? »;;;;Sara démentit : »Je n'ai pas ri » Mais Dieu lui dit : si tu as ri .

L'enfant qui naitra de ce vieux couple s'appellera ISAAC ce qui veut dire ,« il rira ». Tout un programme !

Il n'y a aucun passage dans la Bible ou il est dit : « Dieu se mit à rire »  . Les dieux anciens riaient, ils étaient nombreux. Le Dieu de la bible est unique , il ne rie pas . N'empéche, quelle différence entre le récit de la genése et le récit de l'annonce faite à Marie  . Fra Angélico a immortalisé la scéne dans un tableau exposé à Cortone où l'on voit Marie accueillir dans une joie toute intérieure l'annonce de Gabriel qui index pointé souligne l'importance de la promesse. Angélus domini nuntiavit mariae ;;;L'ange du Seigneur annonça à Marie qu'elle serait la mére du sauveur Ego sum ancilla domini ,fiat voluntas tua  je suis la servante du Seigneur , qu'il me soit fait selon sa parole. Et le verbe s'est fait chair et il a habité parmi nous (3)

L'angélus est carillonné dans tous les pays chrétiens trois fois , trois fois par jour pour que ceux qui l'entendent se rappellent qu'il est temps de se lever mais aussi de reconnaître le temps ou l' humanité a été visitée., le temps de la grâce , le temps de dire merci pour l'immense aventure chrétienne ,Marie. aurait pu rire comme Sarah mais a dit Oui simplement           ( fiat) , avant Jésus qui n'a pas ri tous les jours mais a dit, lui aussi « Fiat" à son Pére...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chapitre cinq un retour agité

La météo annonce de la neige dans le Morvan ,la radio parle de bouchons suite à des camions en rideau sur l'autoroute qui méne à Paris ; Maurice décide de contourner la capitale par l' est , par Troye et Reims.

Il nous faut traverser la Loire et nous voilà de nouveau à la Charité par beau soleil. Le souvenir de notre fou rire est encore vivace . On repére avec émotion l'endroit ou trois jours avant on a séché nos larmes.Ca bouchonne aussi sur la grand route d'Auxerre nous dit la radio. . On fait demi tour et on emprunte les départementales vers Chateau Chinon.

Les difficultés vont nous rattraper dans le Morvan. Prés de 100 kilométre à rouler à 20 à     l' heure dans un paysage d'hiver de bois givrés , de clairiéres et de prairies blanches. Sous la direction de Félix on se repasse les derniéres conférences et notamment celle sur le laudato si et son impact sur l'environnement. Cinq heures à gamberger jusque Chateau Chinon. On parle de réchauffement climatique mais pour l'instant l'hiver est bien là avec son refroidissement « climatique »et le frisson qu'il provoque . On s'arréte au «  vieux morvan »  ,l'hotel où Miterrand avait ses habitudes. du temps ou il était député. Et ça n'a pas manqué on a parlé politique.

« Tu as  dit Félix que Dieu étant l'unique ne riait pas comme les dieux paiens qui parfois se tapaient sur le ventre . On a parlé de Dieu par dérision pour désigner Mitterrand . .Appréciait il d'être ainsi comparé ? Riait il parfois ? S'il avait vécu plus longtemps il aurait rit sous cape,en apprenant que le nouvau président lui ressemblait comme « jupitérien »  !. Il a sans doute rit au « vieux Morvan » mais sans doute pas de fou- rire jusqu'aux larmes ,comme nous sur le pont de la Charité. » répond Maurice. . Il savait se tenir et ne se déboutonnait pas facilement en public < ;Beau ténébreux ,il gardait toujours son « quand à soi »et on voit mal un président comme lui se taper sur le ventre. »

- « Il riait parfois mais d'un rire et d'un humour maitrisé.Un sous-rire énigmatique « ajoute Félix .

« Qu'est ce que je vous sers » dit le serveur ? Café ? Thé ? Chocolat  chaud ?

Non  proteste Maurice , trois demis. ! La fraicheur de la biére réchauffe l'intérieur des gens du Nord qui ont dans l'estomac le soleil qu'ils n'ont pas dehors. C'est connu ! Dans l'estomac une biére qui mousse et réchauffe vaut mieux que le meilleur des viandox. .

On pensait etre tranquille avec la neige , mais voici la Tourmente . On est bloqué quelques kilométres avant Avallon . plus personne ne roule sinon les voitures des pompiers qui emménent les gens vers la ville. le soir tombe.Les gens descendent des voitures et se dirigent vers les secours. Les Gymnases sont ouverts ,la ville s'organise , prévoit des soupes chaudes à avaler,en Avallon  ,des matelas mousse et des couvertures tandis que sans cesse tombe une neige collante qui cloue au sol les véhicules et notamment notre Peugeot garée en catastrophe sur le bas coté de la route. .

Dans le dortoir improvisé le premier ronflement nous invite au sommeil tout en l'empéchant par son halétement  de machine à vapeur. Soudain le ronflement s'arréte. Le ronfleur se retourne en gémisanrt et lache un énorme pet qui provoque en retour un fou rire général.

« Françose cochon »      dit une allemande. Cette voix accusatrice renforce le rire . Un rire de chambrée ,un peu lourd, il est vrai , mais un rire explosif sans vergogne.et sans géne.

Le rire collectif n'est pas que la somme des rires qu'il rassemble ,il y ajoute la complaisance et une régle :. Il rit spontanément si un membre fait entorse à cette régle (1)comme ce pet tonitruant ainsi que le jugement peu nuancé qui conclut l' affaire en enveloppant dans une même réprobation tous les français .

Le rire du groupe est une secousse jouissante Le groupe éclate de rire quand la chose est soudain visible (1). Mais ctte fois ,plutot audible et odorante .

 

 

 

 

 

Conclusion

 

Pour pouvoir rire il faut y étre bien disposé et que l'autre le soit aussi en même temps. Il y a en nous ,une réserve infinie de rires . Il suffit d'y puiser jusqu'aux larmes,un bon mouchoir en poche. A bon entendeur, salut !

 

 

« Dansons ,sautons, jouons nous

 Lorsque pour rire on s'assemble ,

Les plus sages ce me semble

Sont ceux qui sont les plus fous »

Moliére faisait dire en quatrain  la chose au       « pourceau » (4)

 

 

 

 

(1)Le sens du rire de Daniel Sibony odile Jacob

(2)Illiade Homére

(3)Angélus . Priére chrétienne ponctuée par une sonnerie de cloches.

(4)Comédie ballet. Monsieur de Pourceaugnac .

 

Le retour

On est remonté dans  notre plat pays . A Carvin il s'est mis à pleuvoir. Fini de rire. Ici les montagnes se font charbon et en Flandre plus loin  les monts sont des bosses   disait Marguerite Yourcenar (1) Si on  pleure en y  arrivant, on y pleure aussi en partant tant les gens d'ici sont chaleureux  et comme Boum  vous font rire en patoisant. 

(1)Ces monts "bossuent"  le plat pays .

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