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poésie - Page 11

  • Jonathan

    oiseau quéteur,b.d.,désenchantement doudou

    JONATHAN

    Au début  ça lui suffisait. On lui mettait des miettes de pain  dessus la colonne   en brique qui  soutient  la rambarde  de la terrasse, coté jardin. Un jour qu’on avait oublié  de secouer  le panier à pain, le goéland   s’est posé sur l’appui de fenêtre et a  frappé au carreau, réclamant  ce qui était devenu un dû. Les  deux garçons   de la maison trouvaient  la chose bien amusante   .Ils guettaient  le goéland argenté , ouvraient la porte et lui  jetaient  souvent  plus que des miettes. Ils l’avaient baptisés, Jonathan, si vous ne savez pas pourquoi, demandez le à Livingston .

    Deux ans séparaient les deux frères  de 4 et 6 ans  Jean le petit et André l’aîné.. Or voici que le plus jeune perd son doudou  et c’est le drame .Tout le monde   se met  à la recherche  de cet espèce  de lapin  chiffonné  et crasseux sans lequel   pas de sommeil  possible. Le doudou est introuvable  comme le sommeil du petit  qui hurle son désespoir.

    Et si c’était Jonathan qui l’avait embarqué ?  Oui, ce n’est pas impossible, l’oiseau  a le bec assez fort  et ses grandes ailes blanches  déployées sont assez  puissantes  pour  porter  un  lapin en chiffon. Mais pourquoi donc   et pour qui Jonathan  aurait pris le doudou ? .C’est ici qu’intervient bonne maman.   :« Surement, le goéland  a pris le doudou  pour consoler son bébé qui ne réussit pas à s'endormir .Il te le rendra  quand son bébé  ira  mieux »

    Les pleurs de Jean cessent  aussitôt. Le récit de la grande mère a fait mouche. Si le doudou console  le bébé de Jonathan,  alors, c’est bien , c’est même très bien; après tout ,lui, Il peut s’en passer .Jean s’endort  paisiblement avec dans l’oreille une berceuse  chantonnée par Jonathan qui lui dit merci d’un rire  bienveillant ,un rire en cascade comme  font les mouettes rieuses  et les goélands argentés (larus argentatus)et même désargentés ,quêtant leur pain ,faisant  la manche.  Le  lendemain matin   à l’heure du casse croute ,  Jonathan  n’en a pas cru  ses yeux , il y avait sur  le pilier  nourricier  une miche  de pain  entière à se partager avec   les mouettes, les tourterelles , les merles  et  ses frères goélands .La famille  de Jean et d’André a   grignoté des biscottes ce matin là ,au petit déjeuner.

     Et Voici  qu’en  retournant un matelas , la grand maman  retrouve  le doudou  roulé dans les minous .Elle    le plonge  aussitôt dans le bac a lessive , et par force majeure , le conte continue  avec l'imagination débordante et  créatrice de la bonne maman.  " Le bébé  de Jonathan est surement  guéri", raconte t’elle, il  n’ a plus besoin  du doudou .Jonathan    l’a ramené ".

    "Il aurait pu le garder dit Jean, moi j’ai quatre ans et demi , je n’en ai plus besoin" .Le doudou fétiche est  bien lessivé, il est tout propre  et sent bon   mais  il est désenchanté. Jean   s’en est détaché au profit  du bébé de Jonathan  ou du moins du bébé que bonne maman  a imaginé. Le doudou   est devenu  échange et don, il a perdu son attraction  et son pouvoir de fétiche bien aimé. Jean  se met à sucer son pouce en attendant que saint Nicolas  ou le père Noël  descende dans la cheminée  et que Jonathan   quittant  son bollard  n° 3   vienne    le remercier en frappant  le carreau de son bec jaune..  

     

     

     P.S. : J’ai proposé a plusieurs dessinatrices de B.D. d’illustrer  ce petit conte .Certains se sont mis à l’ouvrage, Y aura-t-il un éditeur  amoureux  des contes enfantins  pour publier  ces desseins et faire de Jonathan un  héros malgré lui ,comme celui qu’imagine Cosey , un héros de BD ?